Diabolisée depuis la parution du Best Seller de Dan Brown The Da Vinci Code, L’Opus Dei tente, malgré toutes les attaques, de se réconcilier avec ses détracteurs. À l’aube de ses 30 années de prélature, l’institution rompt le silence et nous ouvre ses portes.
L’Opus Dei, fondé en 1928 par Josemaría Escrivá de Balaguer (canonisé par le pape Jean Paul II en 2002) est érigé en prélature personnelle en 1982. C’est en quelque sorte une famille de l’église, sans territoire. « Personnelle » car elle s’adresse à des individus à part entière. Elle est de manière indéfectible avec le pape. En terme de chiffres, on recense 1.000 fidèles en France, dont 28 prêtres et environ 85.000 adeptes, pour 1.900 prêtres, dans le monde. C’est une structure souple et moderne, dans laquelle 70% des membres sont mariés, ont une famille, un travail professionnel et passent la majorité de leur temps dans des « milieux » non-chrétiens. Bref, des gens comme vous et moi. Elle est la première institution à accueillir des non-chrétiens, appelés coopérateurs.
L’Opus Dei est donc en réalité ouverte à tous et dispense aux laïcs une formation chrétienne. De l’aspect théorique à l’aspect humain, au fond, ça veut dire quoi être chrétien ? L’institution tente de répondre à cette question, en prenant à coeur les attentes de ses membres. Pour l’Opus Dei, un croyant n’a pas vocation à changer d’état et se couper du monde, en référence aux religieux. Elle essaie de démocratiser la religion. Rien de diabolique dans tout ça. Et pourtant.
Et oui, pourtant l’établissement inquiète et fait peur. Depuis la publication du polar de Dan Brown, dans lequel l’auteur écorne au passage l’institution, l’Opus Dei est fréquemment la cible des critiques : pour les uns c’est une secte, qui pratique les mortifications corporelles, pour les autres elle est l’antichambre du Vatican qui soutient les dictatures. Bref, un encombrement de théories du complot, de conspirations et de cabales complètement loufoques.
L’Opus Dei est donc sortie de son silence et a entrepris un véritable travail de com’ pour rétablir la vérité sur son image. Désormais, l’institution tweete, poste sur Facebook, Youtube, ouvre des sites internet et s’invite sur les plateaux télé. Comme le montre bien le blog de la porte-parole de l’Opus Dei en France, Béatrice de La Coste, la transparence est de mise. En se posant elle-même des questions sarcastiques mais que tout le monde se pose en définitive (Qui sont ses membres ? Où se cachent-ils ? Où en est leur complot international ?), la communication de l’Opus Dei semble être sur la voie d’une réconciliation avec internet.
Du même ordre, un journaliste de la chaîne américaine Fox News et membre de l’Opus Dei, vient tout juste d’être recruté par le Vatican comme conseiller en communication. Il vient dépoussiérer et « donner un coup de main pour que l’antique machine de communication puisse faire quelque progrès » selon ses propres mots. L’ancien correspondant de la chaîne US à Rome va accoutumer le Saint Siège à Internet, un instrument que l’Opus Dei et l’église ont enfin intégré dans leur politique.
Faire le choix de la transparence plutôt que celui de la bête noire qui se mure dans son silence, a été la bonne stratégie adoptée par l’Opus Dei. En fissurant ses murailles grâce à une communication en lien avec le public, l’institution se met à nue et dévoile enfin ses entrailles, pas si chaotiques et tumultueuses que ça, finalement.



Votre commentaire
intéressant, mais j’aimerais bien pouvoir me débarrasser de ces bandeaux publicitaires qui m’empêchent de lire le début de vos textes…